
Cette année, c’est son année… ce qui tombe plutôt bien, en plus de sa grande beauté elle rend de fiers services dans tout un tas de situations. En effet l’éternel printemps pluvieux que nous vivons a permis à la Valériane d’apparaitre dans tous les endroits qu’elle affectionne, bord de rivières, de fossés et autres chemins où fraicheur reste le maitre mot. Vous n’avez pas pu la rater, dressée et fière de de ses fleurs enivrantes blanches ou au rose discret et subtil.
Je viens de prendre la route des cueillettes d’été, je me trouve dans les Hautes-Corbières et je la retrouve encore, je ne l’avais pas encore vu par ici, il y a deux semaines dans la Drôme elles s’appropriaient déjà les bords de route frais et ombragés.
Cette vivace, comme beaucoup d’autres, est capable de rester en dormance pas mal d’années pour réapparaitre quand les conditions s’y prêtent et là c’est un festival, il en sort beaucoup grâce à ses stolons( tiges souterraines, comme la fraise) que l’on différencie facilement des racines par leur blancheur et l’absence leur odeur caractéristique…ça peut créer une jolie constellation de racine:

En plus d’être nombreuses, elles peuvent atteindre les 2 mètres de hauteur avec de larges tiges creuses, je ne vois pas trop de butineurs la côtoyer mais je surprends souvent des papillons « sirotant » à une de ses fleurs . Je tenais à partager ce que je commence à percevoir de son profil parce qu’elle est assez polyvalente et on ne peut pas la réduire à un « Valium végétal » ou d’autres considérations d’une vison médicale moléculaire et réductionniste. Certes, je la donne beaucoup pour « détendre », sa force, sa qualité première et donc dans les situations de stress, d’insomnie….Elle détend, assurément, mais encore plus associée avec d’autres plantes « calmantes » comme l’Eschscholtzia ou la mélisse, nous parlons toujours de ses racines et plutôt sous forme d’alcoolature.
Son nom vient de Valer en latin, qui veut dire qui donne de la force. Elle était aussi utilisée pour renforcer le cœur autrefois et était ramassé comme fleur de la Saint-Jean aux cotés du millepertuis et de l’achillée, elle a gardé sa réputation de plante de protection, de magie blanche. Autrefois, elle était beaucoup utilisée contre l’épilepsie et certains antiépileptiques modernes sont issus de la synthèse des certains de ses éléments qui agissent sur des neurotransmetteurs qui ont tendance à ralentir l’influx nerveux( système GABA).

Elle a sa place dans beaucoup de situations où on ne penserait pas à elle en première intention comme dans les douleurs musculaires ou ostéotendineuses, là encore elle détend en profondeur. Dans beaucoup de troubles intestinaux qui ont explosé ces dernières années( crown, intestin irritable, etc.) elle permet un soulagement des douleurs et des spasmes également. Je la prépare en complexe avec certain bourgeons comme le figuier ou le tilleul qui permet une réponse plus synergique dans toutes les situations où l’anxiété est présente, c’est dire comme la Valériane peut s’inviter dans beaucoup de cas. Elle est douce, typée par son odeur et peut parfois avoir des effets contraires( paradoxaux) si elle est prise à trop haute dose ou chez des personnes extrêmement sensibles rendre un peu trop somnolent. Je conseille de monter progressivement le dosage dans le doute mais elle « agit » toujours, c’est une grande plante médicinale à large spectre et d’usage sûr.

Elle peut-être une compagne ponctuelle mais se montre plus efficace après une période d’acclimatation( deux semaines environ) comme le Millepertuis avec qui elle s’entend parfaitement, elle aussi restore le moral. Son association avec la mélisse est aussi très intéressante quand le versant « anxieux » est plus présent que le versant « triste » et d’autant plus si des spasmes digestifs sont associés ou lors de la ménopause.
Pour la cueillir, d’avril à juin au cours d’un printemps arrosé, histoire de voir et de reconnaitre ses jeunes feuilles et que toute son incroyable Energie n’est pas encore été consommée dans la création de sa grande structure et de ses divines fleurs…

PS: Nous sommes tous sensés être des adultes « responsables ». Je ne suis ni médecin, ni pharmacien, en cas de doute consultez-les.
