L’Automne, comme un second printemps.

Le changement ne ment pas, n’attend pas.

L’Automne m’a saisi cette année avec un peu d’avance… Tout s’annonçait intense et authentique après cet été de grande bascule, je savais que je devrais encore passé par des grands changements, des pertes et autres surprises des périodes de transition. Sur le retour des grandes cueillettes mon fourgon-séchoir a basculé d’un coup sur le flanc gauche et a tourné plusieurs fois sur la chaussée un peu mouillée d’une belle route de Haute-Loire, dimanche, fin d’après-midi. Je suis sorti aussi indemne qu’hagard, accident vécu au ralenti, ou plutôt sans gravité, assis au calme et protégé par l’habitacle, la ceinture et peut-être aussi l’ange.

Bruit de taule froissée et puis encore le calme, je sauve certaines teintures et l’essentiel des affaires de valeur, le fourgon est foutu et ma vie continue, j’ai perdu des milliers d’euros et senti toute la saveur d’une vie miraculée, renouvelée. Je devais passé à autre chose et voilà c’est bel et bien fait.

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La roue tourne, du dehors, du dedans.

J’ai de la chance d’avoir mon vélo à assistance électrique, c’est lui mon véhicule du quotidien, et sa roue tourne comme celle de l’existence. Je poursuis sur l’élan de l’été, tout est bien et à sa place. J’évite de trop raconter l’événement qui m’y maintient et solidifie les émotions et pensées associées, la vie m’invite à perdre un outil important et à sentir le souffle du destin brisé qui m’a frôlé pour sentir le souffle de la vie à plein poumons. Je sens que toutes les nouvelles guidances sont justes: les prix libres, m’inviter aux salons et tout accueillir puisque tout est nécessaire et que surtout comme cueilleur-thérapeute je ne suis qu’un canal, je m’efface pour servir autre chose de plus lumineux et de plus grand, je veux être entièrement cet « instrument » de l’amour. Je m’attends à d’autres « leçons », j’en ai certainement besoin pour avancer sur cette voie.

Je sens bien que le « centre de gravité » a changé, mon mental à beau être toujours embouteillé, les intuitions se font plus justes et fréquentes et ma présence plus claire, je le sens particulièrement à l’écoute des autres où mes jugements rétrécissent. Une paix s’installe doucement et durablement.

Vivre l’Automne comme un second printemps.

La pluie est là et le retour de la végétation me rappelle l’élan printanier même si l’énergie déclinante montre les limites de la comparaison… les anglosaxons l’appelle fall, il y a bien pourtant un sourire dans ce spleen, une explosion de vie quand on y regarde bien: tous ces butineurs bruyants, tous ces fruits et noix à glaner et surtout cette belle herbe tendre que l’on voit pousser un peu partout sans parler des coïts de limaces ni du lierre en fleurs.

C’est un peu un printemps au ralenti, plus facile à savourer même si la plupart d’entre nous paraissent encore plus occupés, par la rentrée et ses nouveautés, ses bonnes résolutions aussi qui sont une belle porte d’entrée pour apprécier cette saison à sa juste valeur, à sa juste vitesse. En effet pas mal de personnes me sollicitent pour une cure d’intersaison, dépurative et revitalisante. De manière naturelle et traditionnelle elle se fait plutôt à base de racines en décoction qui ont souvent un effet vraiment salutaire sur l’énergie vitale qui peut se redéployer sans encombre après quelques jours qui peuvent être pas toujours simples avec son lot de maux de tête, de ventre et de fatigue.

Renouveler.

J’ai profité de la journée pour aller saluer la constellation de vieux et vénérables arbres au-dessus de chez moi, d’année en année je découvre de nouveaux arbres souvent d’un certain âge et d’une forte présence sans découvrir de nouveaux territoires, bien au contraire ils sont de plus en plus près de chez moi, ce qui est bien pratique, car comme toute relation la fréquence et le temps permet de rentrer plus dans la profondeur du lien. Je passais à coté sans les remarquer, ce qui nous arrive à tous et pour tout alors que le plus souvent nous cherchons les solutions à nos difficultés existentielles en allant toujours plus loin, plus « étranger » à notre quotidien…l’essentiel est en nous et le reste pas bien loin.

J’aime passer du temps auprès de ces arbres, je leur apporte des offrandes et me permet ainsi de leur prélever un peu d’eux, j’ai pu renouveler le lierre qui sillonne mon plafond, quelques glands et autre pour mon autel…je tisse ce lien et les cueillettes de leurs bourgeons ou d’autres parties utiles prennent une autre teneur, une autre vibration et les remède qui en résultent sont les fruits féconds de ces liens profonds.

L’Orange rougeoillant de l’été n’a pas encore vraiment commencé, profitons.

J’en profite aussi pour rendre hommage à mon feu-fourgon, car mine de rien, plus qu’un outil, il m’accompagnait et me logeait dans beaucoup de mes aventures sauvages et je m’étais quelque peu attaché, je l’avais investi autant financièrement qu’affectivement … le sur lendemain de l’accident, une fois vraiment rentré chez moi après une nuit dans la cabine fraiche et l’aller-retour pour ramener toutes mes affaires, je lui avais fait une petite veillée funèbre sur mon autel, ça m’a un peu aidé à dépasser la perte.

RIP mon ducato jaune Laposte.

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