Le Gui, La plante qui vient du Ciel.

Elle ne fait rien comme les autres:

Avant que l’Hiver ne s’épuise et passe le relais au printemps, il fallait que je parle du Gui ( Viscum Album) , aussi sacré qu’énigmatique, dont j’ai fait un peu plus connaissance cette année.

Plante cosmique par excellence, elle ne pousse par sur le sol, c’est une Plante-Oiseau:

Une multitude d’oiseaux aux ailes spiralées… C’est une plante dite hémiparasite( Cad qu’elle se sert de la seve brute de son hote mais fait sa propre photosynthese pour tout élaborer de son propre chef) qui déjà lui procure un statut « à part » dans le monde végétale mais la liste de ses originalités, voire d’inversions est longue:

  • Son hémiparasitisme relatif qui s’installe par suçoirs sur des arbres-hôtes bien déterminés mais a ses préférer( Pommiers, Aubépines, Peupliers, ect..) lui donne une indépendance vis-à-vis du sol( liberté géotropique) .
  • Elle reste toujours verte, voire même jaunissante sur les parties les plus exposées au soleil, ses feuilles ne tombent pas l’Hiver. Il en reste une forte symbolique liée à l’immortalité associée à ces plantes qui ne perdent par leurs feuilles( Romarin, conifères, Lierre…)
  • Fleurit et Fructifie l’Hiver avec des feuilles adultes identiques aux feuilles « primitives »( cotylédons).
  • Pousse selon une architecture bien à elle, d’abord en deux dimensions symétrique puis se crée une troisième évoquant ces boules que l’on repère de loin qui ne dépendent pas de l’orientation solaire( liberté héliotropique) .
Sur les Peupliers Noirs on est surpris d’une telle colonie céleste et inatteignable.

Plante Sacrée Partout et de Toujours:

On peut mesurer que tous ces attributs hors-normes ont pu contribuer à la fascination et à la sacralisation tout au long de l’Histoire:

Commençons par parler des images des plus connues avec les Druides gaulois décrites par les romains après la conquête de la Gaule, notamment par Pline où il raconte l’importance de sa récolte sur un Chêne avec une serpe d’or, le tout mis sur un drap blanc pour qu’il ne touche surtout pas le sol. La symbolique de la pureté que l’on peut rapprocher de sa seule partie non verte, ses fausses baies d’un blanc laiteux et visqueux de nature quasi séminale. Le Gui jouait surement d’une grande réputation dans tout le monde Celte, la cueillette devait se faire autour de Samhain ( Toussaint) ou du Solstice d’Hiver.

Aujourd’hui encore, il y a une vraie tradition chrétienne autour Du Gui et du Houx au moment de Noël et de la nouvelle année avec même une filière économique ancrée. On s’embrasse sous Le Gui comme porte-bonheur régénérant, et toujours il ne doit pas toucher le sol. Il est intéressant aussi de voir à travers le couple Houx/Gui, la dualité masculin/féminin, le Houx étant plutôt solaire et associé à la foudre et le Gui à la Lune, la guérison et la purification.

Chez les Anciens grecs et les Vikings, on retrouve des mythes liés au Gui à sa fonction d’immortalité, de renaissance. J’imagine qu’en poussant les recherche plus « locales » on peut retrouver tout un tas de pratiques magiques, médicinales et d’autres croyances autour de cette plante cosmique.

L’aspect Médicinal et plus encore:

Si tout au long de l’Histoire de l’Humanité il n’est pas toujours simple de démêler le Mythe, le Rituel et les Preuves Médicales, la tradition de phytothérapie européenne de ces derniers siècles a laissé beaucoup de traces de ses usages, de son efficacité et d’une certaine toxicité qui en a toujours fait une Plante délicate à manier. les recherches médicales de ces dernières décennies ont trouvé à travers la Viscotoxine, principe actif extrait de du Gui, une solution anticancéreuse utilisée en chimiothérapie. Ce qui fait échos à l’intuition de Rudolph Steiner, père de l’Anthroposophie, qui voyait dans vision ésotérique du Gui une capacité à « enkyster les tumeurs ». En alcoolature ou infusion le Gui a beaucoup été utilisé comme hypotenseur, anticholestérol et même antihémorragique dans la tuberculose qui faisait rage ces derniers siècles. On peut trouver actuellement de l’alcoolature dans le commerce faite à base de plante entière, les fausses baies blanches en étant exclus pour leurs hautes teneurs en Lectine, même si en manger quelque unes ne pose pas de problème( j’ai moi-même essayé) .

La Gemmothérapie utilise les jeunes pousses pour les mêmes indications en y ajoutant une action sur la sphère uro-génitale et ostéoarticulaire. J’ai peu d’expérience en la matière vu que j’ai réalisé l’Alcoolature et Le Macérât de bourgeons pour la première fois cette année.

Macérât de jeunes pousses et Alcoolature de tiges et feuilles.

Plante entre Ciel et Terre:

deux « bébés » Gui

Les Hivers comme les années se suivent et ne ressemblent pas. Cet Hiver j’ai cueilli pour la première fois du Gui sur des Aubépines et des Pommiers sur lesquels je ramasse les bourgeons au Printemps et j’y ai ressenti beaucoup d’émotion. D’abord le couple Gui/Aubépine et Gui/Pommier ne présentaient pas la même « énergie » mais il y avait dans les deux cas une alliance qui faisait sens, très puissante et féminine ce qui corrobore bien avec la tradition druidique qui accorde une grande importance aux Gui et à ces arbres. En plus, comme avec la découverte du Lierre l’Hiver dernier, je sens vraiment que le Gui redonne vie à son Arbre-hôte pendant cette période de repos végétatif et qu’il le complète, le sublime en le transformant. On est loin du « parasitisme » à l’œuvre dans sa description biologique même je ne doute pas qu’il peut fatiguer l’arbre s’il est présent en trop grande quantité. Il semblerait qu’il pourrait soigner, extraire des « impuretés » à son Arbre-Hôte comme ses propriétés anticancéreuses semblent le démontrer. En tout cas, pour moi c’est une belle rencontre qui ne fait que débuter… J’imagine utiliser les remèdes qui m’ont été offerts d’une façon très faiblement dosée, vibratoire et douce. Le Gui à travers son hybridation avec l’Aubépine et le Pommier m’inspire une force purificatrice et Mariale que j’aimerais partager.

Semences recrachée par des oiseaux qui permettent la dissémination.

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