
Approche:
L’Aubépine, je la fréquentais depuis quelques années mais je ne la connaissais pas vraiment, je l’aimais un comme tous les Arbres qui habillent les haies des champs et leur vitalité particulière, celle des bordures lumineuses et denses à la fois. Il y a eu plusieurs rencontres avec de vieilles « Epine Blanche » (pluri?)centenaires lors de mes pérégrinations de ces dernières années, j’y ai ressenti d’abord comme la « Lignée maternelle », nos grand-mères et toutes ces femmes avant. Une mémoire très lointaine qui vibre d’une Force tranquille, un espace de paix et de sécurité, entre fleurs blanches aux anthères roses et épines acérées.
l’Aubépine comme une fine vieille dame peut se vouter dans le temps, elle croît lentement, elle parait plus jeune mais les Lichens, les vieux Guis et surtout son « Ambiance » nous fait deviner son vénérable âge. J’employais assez peu ses fleurs et redoutais dans les mélanges que son odeur forte dérange… Je n’avais pas pris le temps de faire connaissance, j’avais certains préjugés même si je savais son excellente et lointaine réputation d’être une des meilleures Plantes du Cœur, sans aucun risque d’usage, La « Valériane du Cœur » comme il se disait qui réduisait la tension artérielle, régulait le rythme et calmait. Il y avait déjà beaucoup d’éléments pour s’ y intéresser plus profondément… Une Plante pour nous guider sur le chemin du Cœur à travers la terre-Mère qui s’incarne tellement bien en Elle.

Rencontres:
La très vieille Aubépine aux allures de sorcières m’avait fait forte impression, elle se trouvait dans un hameau abandonné de l’Aubrac où flottait une ambiance féérique générale, tout les bâtiments tenaient debout et un probable entretien des chemins donnait une Vie sans habitants visibles mais avec plein de présences.
Puis ces deux dernières années j’ai prêté plus attention à un champ en « reconquête » pré forestière où je passe beaucoup de temps au Printemps pour cueillir les merveilles des prés abandonnés où prospèrent donc tous ces arbustes pionniers comme les Prunelliers, les Rosiers sauvages et autres Aubépines. Tous ces arbres se présentent alors sous forme coloniaire, donc nombreux et de petites tailles et préparent l’arriver des Arbres dit plus « définitifs » en général plus grands. Je passe beaucoup de temps dans ce champs notamment lors de la cueillette des bourgeons d’Aubépine, ils sont particulièrement petits et invitent donc à la patience et aux pauses, moments propices à la contemplation, à l’imprégnation. J’adore ce champs, c’est un véritable labyrinthe par toutes ces touffes d’Arbres épineux et l’invisibilité qu’il me procure, comme une douce forteresse.
Nous voilà au cœur de la magie de l’Aubépine, une protection toute maternelle, la patience de sa croissance et l’union qui fait la Force d’un Arbre que je ne vois jamais malade. Son association avec le Rosier est parfaite, elles ont beaucoup en commun dans cette énergie féminine qui part de la Terre pour rejoindre l’espace céleste.


Révélations:
Lorsque l’Aubépine fleurit, un autre niveau de rencontre est à l’œuvre. Cette année c’était particulièrement progressif au sein d’un même champs il y avait des décalages de 10/15 jours! Ce qui nous ramène à une autre distinction de cette émanation de la Terre-Mère: son hybridation de plusieurs espèces fertiles comme peut le faire le grand Chêne par exemple. Elle explose de diversité et sa blancheur immaculée l’a depuis des temps immémoriaux rapprochée des cultes de la Vierge Marie, véritable Pachamama « chrétienne » dans ses attributs de pureté, de fécondité et de protection. A la fin de la floraison on ne voit qu’elle dans les haies et parait soupoudrée de Neige. Cette année je me suis posé plus souvent à ses pieds et m’a régulièrement « suggéré » certaines personnes que je suivais, essentiellement des femmes. Elle évoquait la purification émotionnelles, le calme et l’acceptation de sa part divine, sacrée.
Des moments de grandes émotions, c’est une des rares cueillettes que j’ai partagé avec une Amie qui en est une forme d’incarnation. Elle m’est devenu une autre Plante Allié ou Plante Compagne et encore une fois je sens que ce n’est que le début d’une coopération et d’enseignements qui dépendront que de moi, de ma façon à m’ouvrir au sacré et d’abandonner mes vielles peaux. L’Aubépine parle vraiment d’Amour, ce n’est pas La Plante du cœur des anciens pour rien… dans la matière comme dans le vibratoire, elle nous aide à aimer ce qui est et donc à nous ouvrir au Pardon. Je commence à l’incorporer dans plusieurs mélanges de tisane et les retours sont très positifs.
J’ai la chance d’avoir au dessus de chez moi une vielle Aubépine vraiment courbée par le temps, par son exposition et aussi par la chute récente d’un grand Tilleul. Cet hiver en constatant la situation je suis venu scié la partie du Tilleul qui écrasait l’Aubépine et j’ai ressenti comme un grand soulagement mutuel… j’ai hâte que les nuits se réchauffent pour aller dormir et rêver sous sa longue voute blanche qui m’attend déjà. Continuer à tisser ensemble ce lien invisible avec cette grande guérisseuse et pouvoir le partager dans la matière avec toutes et tous, toujours au service du Vivant.



