Le vert du Lierre, l’espoir d’hiver? Hedera Helix

« Ainsi entend-on, dans les villes te les villages, le Lierre « bourdonner » en automne et « piailler » ou « gazouiller » en hiver, tant est grande la jubilation de la gent ailée dans cette liane bénie ». Fleurs, fêtes et saisons, Jean-Marie Pelt.

Le Lierre dans l’espace:

Le mois de janvier est souvent froid, parfois humide et nuageux comme cette année et la lumière se fait attendre…Pourtant au milieu de cette grisaille, mes balades hivernales sont animées par l’activité débordante des mésanges et des rouges-gorges et réchauffées par le vert luisant du très commun et pourtant si « inaperçu » Lierre grimpant. Beaucoup de malentendus et d’approximations l’entourent:

Non ce n’est pas une plante parasite( ses petits crampons ne sont en rien des suçoirs), oui il est « toxique » mais montre néanmoins une utilisation efficace de ses feuilles pour certaines indications. Il ne fait rien comme les autres en tout cas: il fait parti des rares feuillus de nos latitudes qui ne perd jamais ses feuilles, il fleurit en automne( salutaire à cette époque pour les abeilles qui recherchent son nectar) et ses fruits murissent en plein hiver( qui sont d’ailleurs les éléments « vraiment » toxiques de cet arbre-liane, peu d’animaux les mangent) et présente des feuilles de formes très différentes selon s’il s’agit de branches à fruits( presque en forme de cœur ou ressemblant à une feuille de poirier) ou de branches stériles( les plus connues avec leurs 3 et surtout 5 lobes). la nature polymorphe de ses feuilles est étroitement liée à l’accès à la lumière où montant le long des troncs et des murs on peut apercevoir beaucoup de parties florissantes alors qu’il peut également ramper au sol dans les sous-bois ombragés avec uniquement des feuilles à 3 lobes sans fleurs.

Il serait un survivant des plantes présentes avant les 4 glaciations survenues au cours du dernier millions d’années où le gel n’existait pas et c’est donc pour cela qu’ils serait une des rares plantes de nos latitudes à avoir garder cette habitude de fleurir et fructifier si tard, les autres plantes ayant disparues, glissées vers le sud mais surtout se sont adaptées par une floraison/fructification du printemps à l’automne et en se mettant en repos végétatif durant la saison froide. Il peut atteindre les 20 mètres et vivre quelques centaines d’années.

Je lui trouve une vrai beauté majestueuse, il habille « densément » le tronc des arbres morts et ceux des vivants qui perdent leur feuillage pendant la saison froide. autour de chez moi c’est le long des grands Frênes isolés qu’il attire particulièrement le regard et semble comme fusionné avec son hôte/support:

Le lierre dans le temps:

Le Lierre pour moi, le Lierre pour quoi?:

Je l’aime bien moi, surtout quand il rhabille tous ces troncs morts comme s’ils étaient en pleine possession de leurs moyens, c’est presque de l’usurpation d’identité, du déguisement aussi….Toute la vie qu’il héberge à toute saison est aussi incroyable: beaucoup d’insectes et d’oiseaux y séjournent et la densité de son « treillage » le rend solide et protecteur.

Le Lierre est pourtant très vulnérable, il assez simple le retirer un à un, ses crampons ne le retiennent pas plus que cela mais la densité des rameaux crée une certaine solidité et un sacré feuillage permanent où toute une vie circule.

Tout au long de l’année et surtout l’hiver, j’aime mettre ses branches dans mon salon, au dessus des fenêtres où il végétalise mon intérieur minéral. Dans ma pratique des plantes je commence à expérimenter son usage mais je ne l’ai pas encore vraiment essayé, je fais connaissance.

  • Usage interne:

vraiment trop délicat, ses saponosides( éléments tensio-actif comme dans les savons/détergents) ont des effets purgatifs voire hémolytiques à plus forte dose. Et on parle bien des feuilles, les fruits en sont encore plus concentrés et sont à proscrire totalement bien que certains paysans les ingéraient. On peut mettre quelques grammes de feuilles(4/5g) dans un mélange à viser expectorante dans un épisode bronchiteux par exemple mais il y a plein d’autres alternatives plus efficaces sans aucun danger.

  • Usage externe:

C’est là que le potentiel du Lierre n’a pas encore livré tous ses secrets et que bon nombre d’études apparaissent. Il est déjà bien connu du monde de la parapharmacie, les principes du Lierre sont connu pour leurs propriétés contre la cellulite, pas mal de crème du marché en contiennent. Les anciens préparaient ses feuilles en décoctions ou en alcoolature pour traiter les ulcères, les brulures et plaies diverses par le biais de compresses ou de bains. De plus il est connu par ce même genre de préparation d’effets antirhumatismaux et antinévralgiques depuis longtemps, une étude iranienne l’a même, récemment démontré in vivo.

Je suis persuadé qu’il retrouvera bientôt la place qu’il mérite dans nos imaginaires et notre quotidien bien au-delà de possibles nouvelles utilisations médicinales. Ses feuilles par leurs diversités de formes, de couleurs et cela tout au long de l’année, en fait un compagnon discret mais fidèle de mes sorties champêtres. Je trouve que dans l’austérité des paysages d’hiver il me donne un peu de lumière, de verdure et d’espoir printanier.

Comment gérer un coup de froid? un début d’infection hivernale avec ce que nous avons sous la main?

C’est l’hiver, youpi!!!! Même s’il fait pas vraiment froid cette année pour l’instant… Cette saison est propice aux infections hivernales, surtout de tout l’axe respiratoire mais également l’époque des gastro-entérites.

Le froid, l’humidité et surtout la promiscuité des transports et des fêtes de fin d’année facilitent l’arrivée des maladies hivernales souvent bénignes mais qui peuvent devenir un peu agaçantes si elles ont tendance à s’éterniser. Si ces différents facteurs ne sont plus à prouver d’autres me paraissent négliger et sont aussi à souligner:

  • Les jours de repos qui suivent une période où l’on tire sur la corde( manque de sommeil, alimentation douteuse, travail et charge mentale en excès) sont propices à une certaine vulnérabilité à « tomber malade », nos défense immunitaires étant elles aussi de repos en quelque sorte. Cela permet au corps de nous forcer au repos nécessaire et peut-être de nous éviter bien pire sur le long-terme, toute maladie est un message.
  • Le combo repas/alcool excessivement riches( mais tellement bon…) accaparent une bonne partie de nos fonctions métaboliques, là encore cela nous rend plus vulnérables.
  • Ce bouillon de culture engendré par un monde globalisé où tous les germes se croisent, s’hybrident et se renforcent poussent nos organismes à « la mise à jour » régulière, il est salutaire de rencontrer ses germes et ainsi d’apprendre à les reconnaitre.
  • N’oublions jamais que nous sommes continuellement en contact avec des germes potentiellement pathogènes, c’est nos existences « hyper-inflammatoires « qui rendent nos défenses moins disponibles pour résister à ces infections.

Voilà pour ces quelques considérations sur les cause mais maintenant qu’est-ce que l’on fait? comment repaire-t-on les premiers signes avant-coureurs? et surtout quelles épices, plantes prendre? La diversité des symptômes, des germes et des terrains rend difficile une approche « clef en main » mais je vais vous donner quelques trucs efficaces, simple et bon marché:

  1. Peut-être le plus important, agir le plus tôt possible, de toute façon si vous devez avoir une bronchite par exemple, vous l’aurez quand même mais cela vous permettra de la rendre plus courte et plus douce. Sans rentrer dans une paranoïa de type « hypocondriaque » il est nécessaire d’être assez connecter à son corps pour sentir, la « fatigue bizarre », le picotement à la gorge ou la première toux qui nous alerte sur un début de basculement.
  2. L’aspect « énergétique » que je suis dans mon approche des plantes qui se retrouve dans toutes les médecines empiriques( MTC, ayurvéda, tradipraticiens en général) nous enseigne que généralement l’infection hivernale est de nature plutôt froide, il faut donc contrecarrer cet élan par des remèdes de nature plutôt chaude.
  3. Des boissons chaudes donc, beaucoup même, c’est plus efficace…. des infusions donc de plantes chaudes comme le Thym, le romarin et la sarriette ou le laurier sauce qui se trouvent parfois dans votre cuisine sans parler des légendaires épices du bout du monde comme la cannelle, clou de girofle.
  4. A ces infusions « maison », il faudra ajouter d’autres choses essentielles et d’usage culinaire: Du gingembre frais râpé directement dans la tasse d’infusion, un bon demi citron par tasse ainsi qu’une généreuse cuillère de miel artisanal et même, tenez-vous bien, un quart/demi cuillère à café de piment de cayenne en poudre, efficacité assurée.
  5. Prenez bien au moins 4 tasses à 6 par jour pour assurer le succès total, n’hésitez pas à faire des inhalations humides avec quelque gouttes d’huile essentielle d’Eucalyptus Globulus ou Radiata si la toux productive arrive. Faites comme les enfants et animaux malades, dormez si nécessaire et si vous n’avez peu ou pas d’appétit ne vous forcez pas et essayer de faire plutôt simple, végétal sans trop de gras, surtout les laitages.
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