Conseils d’utilisations des tisanes, des macérats de bourgeons et autres préparations végétales.

Photo de Brett Sayles sur Pexels.com

Les infusions:

Selon les traditions, les types de plantes ou encore l’effet recherché ou simplement les goûts de chacun l’infusion peut prendre de multiples formes. Beaucoup de productrices de plantes médicinales conseillent d’atteindre seulement le frémissement de l’eau plutôt que le point d’ébullition, dans les traditions nord-amérindiennes on laisse souvent les plantes plusieurs heures dans une eau chaudes ou même les laisser dans une froide, une macération à froid.

D’une manière générale selon la technique, les éléments et autres principes actifs présents dans l’eau ne seront pas les mêmes selon les modes de préparation, donc on peut toujours imaginer que selon les plantes on puisse apporter de légères modifications mais d’une manière générale je conseille et je pratique la méthode d’infusion de la tradition herboriste européenne la plus communément admise:

  • la/les plantes sèches ou fraiches sont directement mise dans une casserole inox avec de l’eau froide( eau si elle n’est pas issue d’une source qu’il faudra mieux filtrer cela reste l’ingrédient principale de l’infusion comme de la plupart des formes de vie et notre propre organisme), on conseille généralement pour un usage médicinale une cuillère à soupe par tasse mais l’on peut largement diminuer ce ratio selon les plantes et leur qualité.
  • On couvre bien d’un couvercle et l’on met le tout sur le feu, une fois atteint l’ébullition ou légèrement avant on arrête le feu et on laisse infuser toujours à couvert une dizaine de minutes( si l’on met des semences comme le Fenouil, l’Anis ou des racines de Réglisse par exemple on peut les mettre préalablement en poudre ou faire une décoction) .
  • On filtre le tout et l’on peut mettre dans une bouteille thermo si l’on fait plusieurs tasses que l’on veut boire plus tard encore chaudes( en effet en « cure » on boit 3 /4 tasses par jour et réchauffer une tisane froide est toujours moins appréciable que se soit pour le goût ou la qualité de l’infusion) .
  • Ne pas hésiter à mieler, citronner, surtout les tisanes d’hiver, cela potentialise la « force » de la tisane pour combattre les refroidissements et les infections. On peut le faire ainsi pour n’importe quel autre type de tisane surtout celles qui sont amères ou « désagréables » à votre palais d’une manière plus générale.

D’ailleurs l' »Art » de la tisane et des mélanges nous amène régulièrement à mettre certaines plantes dites « édulcorantes » pour couvrir ou du moins rendre plus agréable certains mélanges. Pour cela on utilise souvent la Menthe, la Verveine Odorante ou encore la Mélisse, la Sureau ou la Réglisse. Les plantes trop « amères » ou quasi imbuvables devront être prises sous une autre forme( La Gentiane Jaune en alcoolature par exemple). Surtout sur une « cure » de 10 jour à 3 semaines il me semble essentiel que vous preniez un minimum de plaisir à boire votre infusion. L’infusion et sa préparation constitue un véritable rituel à part entière et peut être vraiment l’occasion de prendre soin de soi à travers cette « lenteur » et de nouer des liens, des trames avec les plantes que vous buvez. On peut ajouter que pour toutes celles et ceux qui n’ont pas trop de temps, le Thermo permet de faire une « seule » grande tisane ou décoction pour les 24 heures suivantes, cela permet de la préparer la veille au soir aussi si besoin.

Les décoctions:

Le principe est presque le même que dans le déroulé de l’infusion sauf que là on ne va pas arrêter le feu à l’apparition de l’ébullition, on va seulement le baisser pour que le contenu de la casserole continue à frémir plus que bouillir pendant 5/10 minutes sous son couvercle( à la gazinière le feu est presque au minimum, le risque d’un feu trop puissant avec gros bouillon est que même avec le couvercle, cela va beaucoup s’évaporer et littéralement cuire la préparation, ce qui n’est pas vraiment souhaitable…).

Après, comme pour l’infusion, on va laisser infuser une dizaine de minutes le feu éteint et le couvercle bien en place. La décoction est idéale pour les parties plus « ligneuses » des plantes comme les racines, l’écorce ou encore les semences. Moins délicate et subtile que l’infusion elle permet d’extraire d’autres éléments plus « profonds » et puissants et agit donc avec plus de force. L’Automne et le Printemps avec ses cures d’intersaison est propice à faire des décoction comme avec les racines de Pissenlit ou de Bardane, l’aubier de Tilleul.

Dans les 10 minutes d’infusion de la décoction rien n’empêche et même bien au contraire de rajouter des feuilles ou fleurs pour réaliser une décoction/infusion, ce qui est encore super pratique pour rendre plus « aimable » une décoction un peu trop forte ou amère. les plantes rajoutées peuvent compléter le mélange pour potentialiser l’action de la décoction ou lui apporter de la douceur( fleurs de Sureau et/ou feuilles d’Ortie sur une tisane dépurative).

Les macérats de bourgeons, Gemmothérapie:

En général on continue à faire comme les pères fondateurs, de 5 à 15 gouttes par jour réparties en 3 prises, plutôt à jeun, on général on y pense avant de manger… directement sous la langue en essayant de le garder un peu( et savourer…), me semble le plus approprié que dans de l’eau mais c’est aussi possible, surtout pour les personnes qui ne supportent pas l’alcool. On sent bien, en effet, les 25% environ d’alcool qui sont contrebalancés par le miel( ou glycérine végétale pour la plupart des macérats) et restitue le gout brut du bourgeon. Je préfère les expériences les plus directes possible mais il faut s’adapter à chacun, pour les enfants on peut par exemple laisser les gouttes quelques minutes dans une eau chaude pour faire évaporer l’Alcool.

La tradition veut qu’une cure d’un mois soit 3 semaines de prise quotidienne suivies d’une semaine de pause pour que le corps assimile et apprenne à s’adapter, personnellement dans certaines formes d’épuisement ou de forts dérèglements je ne conseille pas toujours de pause. Les mélanges sont possibles pour créer des synergie et impacter plusieurs « axes » thérapeutiques , ils sont parfois appelés complexes ce qui me laisse perplexe et je préfère éviter ce genre de formulation qui me parait limitante et je parle de « mélange »( l’unitaire qui s’oppose au pluriel d’accord, mais le simple au complexe ou le simple au divers?). Ceci n’enlève en rien la diversité et la richesse des centaines d’éléments et autres « principes actifs » présents dans le mélange même quand un seul bourgeon est présent.

Il y a autant de possibilités que d’arbres, je ne mets rarement plus de 3 bourgeons par mélanges, pour les « draineurs vrais » je privilégie l’unité par flacon, d’autres aiment faire des programme sur des mois avec un macérât par mois, pratique inventée par Stéphane Boistard et qui permet d’avoir affaire, à vivre qu’avec un seul arbre à chaque fois. Les personnes peuvent « vibrer » avec tel arbre et avoir de beaux résultats alors que les propriétés reconnus du macérât ne paraissaient pas toujours coïncider avec la problématique évoquée, c’est ce qui se passe avec un arbre-compagnon, nous avons aussi des Totems végétaux en plus des animaux. Pour découvrir la Gemmo sans nécessairement vouloir répondre à un symptôme ou un problème, n’hésitez pas à essayer un bourgeon d’un arbre qui « vous parle » particulièrement et fournissez-vous chez un producteur artisanal évidemment!! Il y en a de plus en plus, pour ce qui est des labos les plus connus je vous les déconseille à part Alphagem et Herbiolys qui travaille vraiment bien, qui respecte le vivant et restitue toutes les qualités d’un bourgeon frais. Le must étant, quand même, d’aller faire votre propre macérât auprès de vos arbres favoris, ils seront honorés et vous sortirez « transformé(e) » d’une telle joyeuse expérience.

Il y a tant de choses magnifiques et vibrantes que j’éprouve avec la Gemmothérapie:

  • Toutes les dimensions sont concernées par l’action des bourgeons( qui sont essentiellement faits de sève brute, donc d’eau « dynamisée » et d’autres molécules plus élaborées l’accompagnant comme des minéraux, des phytohormones, etc… ) la matière, l’énergétique et le vibratoire fortement préservés par une cueillette artisanale avec immersion immédiate des bourgeons dans son macérât .
  • La quantité presque « illimitée » des principaux bourgeons qui viennent d’arbres présents naturellement et en grande quantité, j’ai pu mesuré sur certains arbres comme un Figuier par exemple, l’impact quasi invisible d’une cueillette « importante » d’un même arbre. Il faut savoir qu’il y a aussi des bourgeons dit secondaires qui peuvent remplacer les pertes des bourgeons principaux par les aléas météorologiques ou la pression importante de certains animaux gros consommateurs( coucou les Chevreuils sans prédateurs naturels ou les ramasseurs trop « gourmands »…).
  • La cueillette essentiellement locale, à nos portes se trouvent des arbres prêts à nous offrir un peu de leur renouveau annuel, je fais presque tous mes macérats dans un rayon de quelques kilomètres sans prendre de voiture.
  • Nul besoin d’emmener trop de matériel à part des bocaux préremplis d’un mélange d’Alcool et de Miel, on cueille avec les doigts, sans panier ni sac, et surtout pas d’empressement pour rentrer faire sécher au plus vite les plantes.
  • C’est une cueillette particulièrement « lumineuse » qui invite à prendre son temps et à multiplier les temps et les actes relationnels avec le vivant: contemplation, respiration, simple présence en fait….offrandes, prières et visites toute l’année entretiennent ce lien précieux, un peu comme les « proches » que nous n’allons pas voir uniquement quand nous avons besoin d’un service.

Je pourrais disserter des heures sur mon amour des arbres et de cette cueillettes magiques des bourgeons qui a vraiment une tonalité « vibratoire » différente des cueillettes des autres parties moins primitives des plantes et arbres( feuilles, fleurs et racines, etc…)

Aubépine déjà en « jeunes pousses », immortalisé par l’Ami François Clouard, bourgeons.net

Les Alcoolatures:

L’Alcool par sa grande stabilité et sa grande capacité d’extraire la majorité des éléments quand il est associé à l’eau nous permet de tous nous réconcilier avec cette molécule, l’éthanol, responsable du meilleur comme du pire… Il faut bien reconnaitre que sa qualité d’élaboration ainsi que son pourcentage d’Alcool a une importance primordiale sur le résultat. Les forts taux d’Alcool( entre 65% et 95%) permettent vraiment de restituer plus pleinement les partie fraiches des plantes( de la racine aux fleurs en passant par les feuilles), cela se vérifie par l’expérience, la couleur des alcoolatures et tout simplement par le fait que les plantes fraiches étant majoritairement constituées d’eau il faut aller vers un alcool plus fort pour « tirer » le contenue de la plante vers le liquide. Après faut-il mieux travailler avec un bon Cognac de raisin en Biodynamie à 40% fait par un vigneron expérimenté et généreux comme celui que j’utilise pour les bourgeons ou un Alcool d’Andorre ou d’Italie à 96% fait avec des déchets agricoles de l’agro-industrie par des distillations tout aussi industrielles… je vous laisse faire vos expériences mais je suis certain que l’on peut aussi tout faire avec ce que l’on a, ce que l’on trouve et ce que l’on peut se payer.

Certains herboristes préféreront toujours la douceur du 40%, moi je reste fasciné par ma première expérience de teinture mère à 96% avec de la Mélisse du jardin où le vert incroyable des premières heures/jours n’a pas laissé place au « brunissement » marron dû aux tanins qui se note dans toutes les teintures à moins de 85%. Les feuilles de Mélisse après extraction qui n’étaient pas molles mais comme « crytallisées », solides après 2 semaines d’extraction avec les nervures visibles( on avait l’impression d’une sorte de cryogénisation). Selon le taux d’alcool j’imagine qu’on obtient des résultats différents et pas toujours « supérieurs » du coté du plus titré en alcool. La vérité échappe toujours à trop de simplification et à l’absence de nuances, beaucoup de facteurs sont à prendre en compte, expérimentez et comparez!

Pour ma part je suis de plus en plus attaché aux qualités vibratoires de toutes mes matières premières d’où mes préférences pour des alcools artisanaux de qualité et une mise en pot comme pour les bourgeons directement sur le site de cueillette. Je tiens à cette cohérence qui m’est « imposée » par mes guidances comme par le bon sens et je peux mesurer la qualité des alcoolatures qui s’améliore chaque année. Le plus important restant la Plante et la « fraicheur » de la préparation, depuis cette année j’essaye pour les parties qui ne sont pas à nettoyer de les mettre directement dans l’Alcool, sur place dès la cueillette comme pour la Gemmo mais avec une balance pour respecter les Ratios. Les racines je les ramasse souvent non loin d’une rivière ou d’un ruisseau où je peux les nettoyer pour ensuite les mettre directement sur place dans le bocal rempli d’Alcool. Frissons garantis…

De plus pour le dosage des Alcoolatures, là aussi beaucoup de diversité d’approche: Chez Cazin et Fournier, les grandes références en herboristerie française du 19 et milieu 20ème siècle, ça peut aller de quelques gouttes à coups de cuillère à café( 5ml donc 150 gouttes) voire plus, en général on travaille entre 10/15 gouttes à 50 gouttes par prise mais il peut avoir toute une variabilité liée à l’âge, le poids ou bien la sensibilité de la personne et surtout à la plante elle-même. Des « Herbalistes » américains, à l’approche douce très inspirée par l’homéopathie peuvent recommander de 1 à 3 gouttes par prise par exemple.

Pour les Teintures de plantes sèches on peut plus facilement se contenter d’Alcool « classique » à 40% qui amène d’excellents résultats la plante sèche ne possédant plus qu’une fraction réduite d’eau l’extraction d’un mélange plus ou moins égal Alcool/Eau fait sens.

Les Alcoolatures représentent un vrai outil thérapeutique intéressant et efficace, la littérature abonde dans ce sens et beaucoup de résultats positifs publiés par la science sont faits à base d’extraits hydroalcooliques comme l’alcoolature artisanale en fait partie, c’est stable et se garde très longtemps en perdant peu ou pas de ses qualités. De plus beaucoup de personnes semblent les privilégier comme la Gemmothérapie par le coté très pratique de mettre quelques gouttes dans l’eau partout, tout le temps en comparaison des tisanes infusées ou décoctées plus « contraignantes ».

La Valériane toute fraiche…

Comment gérer un coup de froid? un début d’infection hivernale avec ce que nous avons sous la main?

C’est l’hiver, youpi!!!! Même s’il fait pas vraiment froid cette année pour l’instant… Cette saison est propice aux infections hivernales, surtout de tout l’axe respiratoire mais également l’époque des gastro-entérites.

Le froid, l’humidité et surtout la promiscuité des transports et des fêtes de fin d’année facilitent l’arrivée des maladies hivernales souvent bénignes mais qui peuvent devenir un peu agaçantes si elles ont tendance à s’éterniser. Si ces différents facteurs ne sont plus à prouver d’autres me paraissent négliger et sont aussi à souligner:

  • Les jours de repos qui suivent une période où l’on tire sur la corde( manque de sommeil, alimentation douteuse, travail et charge mentale en excès) sont propices à une certaine vulnérabilité à « tomber malade », nos défense immunitaires étant elles aussi de repos en quelque sorte. Cela permet au corps de nous forcer au repos nécessaire et peut-être de nous éviter bien pire sur le long-terme, toute maladie est un message.
  • Le combo repas/alcool excessivement riches( mais tellement bon…) accaparent une bonne partie de nos fonctions métaboliques, là encore cela nous rend plus vulnérables.
  • Ce bouillon de culture engendré par un monde globalisé où tous les germes se croisent, s’hybrident et se renforcent poussent nos organismes à « la mise à jour » régulière, il est salutaire de rencontrer ses germes et ainsi d’apprendre à les reconnaitre.
  • N’oublions jamais que nous sommes continuellement en contact avec des germes potentiellement pathogènes, c’est nos existences « hyper-inflammatoires « qui rendent nos défenses moins disponibles pour résister à ces infections.

Voilà pour ces quelques considérations sur les cause mais maintenant qu’est-ce que l’on fait? comment repaire-t-on les premiers signes avant-coureurs? et surtout quelles épices, plantes prendre? La diversité des symptômes, des germes et des terrains rend difficile une approche « clef en main » mais je vais vous donner quelques trucs efficaces, simple et bon marché:

  1. Peut-être le plus important, agir le plus tôt possible, de toute façon si vous devez avoir une bronchite par exemple, vous l’aurez quand même mais cela vous permettra de la rendre plus courte et plus douce. Sans rentrer dans une paranoïa de type « hypocondriaque » il est nécessaire d’être assez connecter à son corps pour sentir, la « fatigue bizarre », le picotement à la gorge ou la première toux qui nous alerte sur un début de basculement.
  2. L’aspect « énergétique » que je suis dans mon approche des plantes qui se retrouve dans toutes les médecines empiriques( MTC, ayurvéda, tradipraticiens en général) nous enseigne que généralement l’infection hivernale est de nature plutôt froide, il faut donc contrecarrer cet élan par des remèdes de nature plutôt chaude.
  3. Des boissons chaudes donc, beaucoup même, c’est plus efficace…. des infusions donc de plantes chaudes comme le Thym, le romarin et la sarriette ou le laurier sauce qui se trouvent parfois dans votre cuisine sans parler des légendaires épices du bout du monde comme la cannelle, clou de girofle.
  4. A ces infusions « maison », il faudra ajouter d’autres choses essentielles et d’usage culinaire: Du gingembre frais râpé directement dans la tasse d’infusion, un bon demi citron par tasse ainsi qu’une généreuse cuillère de miel artisanal et même, tenez-vous bien, un quart/demi cuillère à café de piment de cayenne en poudre, efficacité assurée.
  5. Prenez bien au moins 4 tasses à 6 par jour pour assurer le succès total, n’hésitez pas à faire des inhalations humides avec quelque gouttes d’huile essentielle d’Eucalyptus Globulus ou Radiata si la toux productive arrive. Faites comme les enfants et animaux malades, dormez si nécessaire et si vous n’avez peu ou pas d’appétit ne vous forcez pas et essayer de faire plutôt simple, végétal sans trop de gras, surtout les laitages.
Photo de Angele J sur Pexels.com