Eaux Sacrées, Divines Alliées.

Comme notre Ame vient de la Lumière et y retournera, comme notre corps vient de la Terre et y retournera, nous sommes fait d’Eau, la Grande magicienne de notre planète bleue.

Cet allié primordial a mis du temps à émerger à ma conscience, trop élémentaire, abstrait et courant pour seller un compagnonnage aux contours fermes…mais voilà elle est insaisissable, parfois invisible et toujours présente à la fois par son importante proportion dans toute la matière vivante. Même la science est bien incapable d’expliquer toutes ses formes, ses propriétés et ses pouvoirs extraordinaires de mémoires, de soins.

Après un moment de retour de pluies salutaires faisant suite à des chaleurs intenses, de manque d’Eau il me paraissait juste de rendre hommage à cette trame hydrique qui me guide, m’enseigne et me soigne.

Je vis aussi, à travers une une rencontre amoureuse incroyable et bouleversante, une ouverture à d’autres plans, à d’autres synchronicités et à un grand « dévoilement ». Il s’avère que cette FéeAme est traversée par les génies doux et régénérateurs des Eaux divines, de l’Aubépines et de toute une farandole d’Alliées qu’elle me partage.

La génèse:

Les lieux les plus vibrants croisés lors de mes pérégrinations ces derniers années avaient tous en commun, une Mer, une rivière ou une simple source comme axe de rotation, comme un cœur qui pulse le sang qui irrigue aux confins de tous les interstices du corps, les Eaux vivent nourrissent et épurent la Terre et tous les Etres qui y rentrent en contact.

J’ai particulièrement exploré les rivières « cachées » par des pentes tellement abruptes qu’elles accueillent des Forets primaires quasi inviolées où j’ai vécu d’intenses rencontres avec les Etres de la Nature. La redécouverte de la Mer Méditerranée au Cœur de l’Hiver depuis quelques années m’a permis d’y vivre des qualités d’expériences sensibles avec l’Eau comme avec le cosmos qui la surplombe et le Minéral qui l’entoure.

Les Eaux sont tellement puissantes qu’elles peuvent même nous être préjudiciable par le déséquilibre qu’elle provoque quand on vit ou dort au-dessus ou trop près de sources, eaux souterraines ou encore vallons trop humides pour nous.

J’ai eu aussi la fabuleuse opportunité, en plus de mes périples solitaires, de venir plusieurs fois sur un Vallon Magique du Tarn où des rassemblements spirituels sur un Lieu sacré traversé par une rivière, m’ont ouvert le cœur à la beauté et à la force de célébrer le Vivant, Ensemble et en Joie.

Tout cela fait que je chemine maintenant, ou que je sois, avec ces Eaux Divines, elles sont une Alliée inviolable que j’explore pleinement pour moi et pour mettre en pratique au services des personnes qui pourraient avoir besoin de l’aide des Eaux.

Eaux Matières:

Substance qui est une des rares à prendre toutes les formes imaginables( glace, Neige, brouillard, Larmes….) avec des structures et des fonctions qui font bandes à part dans les « règles » du Vivant, elle est l’essence de la Vie sur Terre en constituant les 3/4 du poids de nos corps, encore plus des végétaux, elle est le vortex de communication que se soit dans les échanges internes que ceux entre l’extérieures et le dedans. Elle EST avec la Lumière du Soleil la condition de toutes les formes de Vie sur Terre.

Si essentiel qu’on l’oublie, la traitre comme le reste, marchandise, ou ressources précieuses et qu’elle revient sur le devant des préoccupations quand elle manque ou nous inondent et fait trembler toutes les fondations de nos civilisations. Les astrophysiciens ne cherchent-ils pas d’abord l’Eau pour nous vendre une planète habitable à l’autre bout de la Galaxie? D’en haut la planète est bleue dont la surface est surtout constitué d’eaux salées dont nos ancêtres sont sortis pour vivre sur Terre en emportant le règne aquatique avec eux sous peine de disparaitre.

En plus de notre nécessité de la boire, de nous laver avec les cultures humaines ont développé un rapport étroit autour des Bains, des douches et des eaux thermales pour aller mieux, se soigner et rééquilibrer des états morbides. En variant sur sa composition, sa température et sa puissance ou localisation l’Eau donne l’impression qu’elle peut tout et son contraire. Les premières communautés européennes du renouveau à la Terre, à notre essence première comme celle de Monte Verità au début du XXème siècle, se passaient en bord de Lac près de lieux de cure. La Vie « naturiste » ne peut se passer d’aucuns des 5 éléments primordiaux, L’Eau étant le deuxième après la Terre.

Eaux Vibrations:

A travers l’essentiel de nos interactions terrestres et humaines, l’Eau fait souvent office d’intermédiaire, de lien entre toutes les formes du Vivant. Comme Herboriste, les principales modalités des « Remèdes » s’appuient sur le substrat hydrique, infusions et macérats de bourgeons comme les alcoolatures se diffusent et se transmettent par l’Eau. On a tous en tête les travaux de Masaru Emoto qui démontrent la capacité de cette « matière » d’imprimer, de transmettre toute information et de voir des différences structurelles à travers ses clichés photographiques selon le degré fréquentiel des ces informations ( Amour, colère, etc.). Ce qui ramène aux recherches de Benveniste sur la « Mémoire de l’Eau » ou de l’Homéopathie qui fait le pari de soigner sans traces de quelconques « principes actifs ».

La science et la pensée matérialiste ont bien du mal a validé ces évidences qui ne passe pas que par la raison et qui se démontrent difficilement par les protocoles de laboratoire. Je pense à ces personnes qui dénigrent encore les méridiens de Médecine Traditionnelle Chinoise parce qu’ils ne sont pas retrouvables « physiquement » dans le corps. Ou comme un aveuglement vis à vis de pratiques datant de plus de 3000 ans et surtout une surdité à la somme vertigineuse de témoignages de soulagements, de guérisons. Le champs du Vibratoire se vit aussi et surtout par le Cœur, comme le tant méprisé « effet placebo » qui est un véritable Allié comme l’est le pouvoir de l’Intention et qui représente l’efficacité symbolique que décrivent les sociologues, les anthropologues à travers tout rapport de soin qu’il soit de nature magique pharmacologique. Un Art de la relation, comme l’Eau.

La vie et mes recherchent n’ont fait que me rapprocher de cette pulsation originelle, par étapes, de manière pas toujours agréable. Un peu comme l’équilibre rompue peut amener l’Eau sous sa forme de grêle ou d’inondations à détruire, à se représenter comme un flé(eau) ( qu’est-ce que que j’aime le langage des oiseaux…). Mais qui comme le Feu, la Terre et Vent ont aussi cette fonction de destruction purificatrice et régénératrice qui fait partie du mouvement même de la Vie, depuis toujours, bien avant les profanations et les dérèglements engendrés par l’activité humaine. D’ailleurs cette fonction « nettoyante » et régénérante est une des bases d’une approche de Santé par les Plantes, je travaille avec cet axiome si universel, notamment avec les cures d’intersaison et la Gemmothérapie dont c’est l’Action principale.

L’efficience de ces mouvements sera aussi bien lié à la matière ( qualité de l’Eau, fraicheur des plantes, etc.…) qu’à la part vibratoire ( conscience et présence pendant la cueillette, les diverse transformations, écoute et ouverture du Cœur aux demandeurs de remèdes, etc.). Cela me rappelle le témoignage d’une distilleuse d’Huiles essentielles sur l’élaboration d’une huile de Romarin sur une même parcelle, une partie récoltée mécaniquement par des professionnels extérieurs et une autre fait par ses soins et sa tribu, manuellement, attentivement. Le profil olfactif des deux préparations était très diffèrent, l’odeur ne trompe pas.

Lac Titicaca, Mer de toutes les Mers

Eaux Spirituelles et gardien(ne)s des Eaux:

Les rituels et les pratiques religieuses autour de l’Eau ne manquent pas et nous rappellent notre origine aquatique, nous naissons bien avant la sortie de la matrice maternelle où nous sommes restés bien au chaud dans ces Eaux amiotiques aussi nourricières que protectrices comme l’est le premier Eléments, la Terre. Que ce soit les Baptêmes, les limpiezas ou les corps laissés au Ganges il s’agit de s’en remettre à ce « Sang » terrestre qui nous unie entre nous comme au Sacré. Une des rencontres les plus déterminantes de ces dernières années s’est fait à travers un vallon magique où officie un vibrant gardien issu d’une longue lignée initiatique que l’on pourrait qualifié de Christo-Druidique. Tous les matins, après son levé, il commence par « donner » du pain à la Rivière, honorant quotidiennement cette Eau qui irradie tout ce gai vallon. Il transmet comme on le fait depuis toujours dans les sociétés encore « non-séparées » du reste du Vivant par imprégnation, en faisant, en honorant dans un silence si doux, si humble.

Comme on peut tous l’expérimenter en s’installant près des Eaux vives, dans notre immobilité méditative face au plus changeant des Eléments, nous finissons par devenir Eau nous-même. le bruit si « calmement » bruyant des cascades comme des vagues permet de se glisser dans l’écrin préservé de Dame Nature, Refuge visuel et sonore aux fracas du monde sociétal, pressé et conquérant. Je retourne régulièrement aux bords de rivages qui me sont devenus familiers, dans des interstices préservés du trop plein d’activités humaines. Mes arrivées me procurent la Joie de retrouver des Etres aimés et je constate que ces lieux changent sans changer. ils évoluent à un autre rythme et comme toute relation qui dure ils m’offrent à ressentir de nouvelles choses, à me présenter de nouveaux trésors en résonance avec ce que j’amène, à ma capacité à accueillir.

en tout cas pour moi ces Lieux chargés de présences Divines sont pour moi comme des Temples, des sanctuaires propices à monter en fréquences et d’avoir accès au monde sensible. Le fait d’y aller moins encombré, plus épuré et de vivre et dormir dehors me prédispose à vivre toutes ces Beautés. Même si L’élan premier est toujours d’aller cueillir des Plantes médicinales de haute qualité, tout cela s’imbrique dans un mode de Vie qui m’élève et me semble participer pleinement à une véritable initiation spirituelle où chaque journée est jalonnée de cadeaux et autres révélations en tout genre. Cette année j’étais accompagné à distance par un Amour naissant qui rendait toutes ces expériences encore plus magiques et où les guidances et autres synchronicités se sont multipliés: les rencontres avec les Cerfs, découvertes de nouveaux lieux de cueillettes, de couchages et de nouvelles rencontres végétales.

Puis cette évidence qui s’affirme que je suis , comme nous tous, Gardien passager de ces veines d’Eaux et des bouts de Forets sous les sommets qui les entourent, j’en suis si amoureux que chemin faisant je me rapproche du Lieu qui m’accueillera pour en être un Gardien plus « permanent. Je ressens une gratitude infinie pour chaque moment de reliance avec tous ces Etres.

L’Automne, comme un second printemps.

Le changement ne ment pas, n’attend pas.

L’Automne m’a saisi cette année avec un peu d’avance… Tout s’annonçait intense et authentique après cet été de grande bascule, je savais que je devrais encore passé par des grands changements, des pertes et autres surprises des périodes de transition. Sur le retour des grandes cueillettes mon fourgon-séchoir a basculé d’un coup sur le flanc gauche et a tourné plusieurs fois sur la chaussée un peu mouillée d’une belle route de Haute-Loire, dimanche, fin d’après-midi. Je suis sorti aussi indemne qu’hagard, accident vécu au ralenti, ou plutôt sans gravité, assis au calme et protégé par l’habitacle, la ceinture et peut-être aussi l’ange.

Bruit de taule froissée et puis encore le calme, je sauve certaines teintures et l’essentiel des affaires de valeur, le fourgon est foutu et ma vie continue, j’ai perdu des milliers d’euros et senti toute la saveur d’une vie miraculée, renouvelée. Je devais passé à autre chose et voilà c’est bel et bien fait.

Photo de cottonbro studio sur Pexels.com

La roue tourne, du dehors, du dedans.

J’ai de la chance d’avoir mon vélo à assistance électrique, c’est lui mon véhicule du quotidien, et sa roue tourne comme celle de l’existence. Je poursuis sur l’élan de l’été, tout est bien et à sa place. J’évite de trop raconter l’événement qui m’y maintient et solidifie les émotions et pensées associées, la vie m’invite à perdre un outil important et à sentir le souffle du destin brisé qui m’a frôlé pour sentir le souffle de la vie à plein poumons. Je sens que toutes les nouvelles guidances sont justes: les prix libres, m’inviter aux salons et tout accueillir puisque tout est nécessaire et que surtout comme cueilleur-thérapeute je ne suis qu’un canal, je m’efface pour servir autre chose de plus lumineux et de plus grand, je veux être entièrement cet « instrument » de l’amour. Je m’attends à d’autres « leçons », j’en ai certainement besoin pour avancer sur cette voie.

Je sens bien que le « centre de gravité » a changé, mon mental à beau être toujours embouteillé, les intuitions se font plus justes et fréquentes et ma présence plus claire, je le sens particulièrement à l’écoute des autres où mes jugements rétrécissent. Une paix s’installe doucement et durablement.

Vivre l’Automne comme un second printemps.

La pluie est là et le retour de la végétation me rappelle l’élan printanier même si l’énergie déclinante montre les limites de la comparaison… les anglosaxons l’appelle fall, il y a bien pourtant un sourire dans ce spleen, une explosion de vie quand on y regarde bien: tous ces butineurs bruyants, tous ces fruits et noix à glaner et surtout cette belle herbe tendre que l’on voit pousser un peu partout sans parler des coïts de limaces ni du lierre en fleurs.

C’est un peu un printemps au ralenti, plus facile à savourer même si la plupart d’entre nous paraissent encore plus occupés, par la rentrée et ses nouveautés, ses bonnes résolutions aussi qui sont une belle porte d’entrée pour apprécier cette saison à sa juste valeur, à sa juste vitesse. En effet pas mal de personnes me sollicitent pour une cure d’intersaison, dépurative et revitalisante. De manière naturelle et traditionnelle elle se fait plutôt à base de racines en décoction qui ont souvent un effet vraiment salutaire sur l’énergie vitale qui peut se redéployer sans encombre après quelques jours qui peuvent être pas toujours simples avec son lot de maux de tête, de ventre et de fatigue.

Renouveler.

J’ai profité de la journée pour aller saluer la constellation de vieux et vénérables arbres au-dessus de chez moi, d’année en année je découvre de nouveaux arbres souvent d’un certain âge et d’une forte présence sans découvrir de nouveaux territoires, bien au contraire ils sont de plus en plus près de chez moi, ce qui est bien pratique, car comme toute relation la fréquence et le temps permet de rentrer plus dans la profondeur du lien. Je passais à coté sans les remarquer, ce qui nous arrive à tous et pour tout alors que le plus souvent nous cherchons les solutions à nos difficultés existentielles en allant toujours plus loin, plus « étranger » à notre quotidien…l’essentiel est en nous et le reste pas bien loin.

J’aime passer du temps auprès de ces arbres, je leur apporte des offrandes et me permet ainsi de leur prélever un peu d’eux, j’ai pu renouveler le lierre qui sillonne mon plafond, quelques glands et autre pour mon autel…je tisse ce lien et les cueillettes de leurs bourgeons ou d’autres parties utiles prennent une autre teneur, une autre vibration et les remède qui en résultent sont les fruits féconds de ces liens profonds.

L’Orange rougeoillant de l’été n’a pas encore vraiment commencé, profitons.

J’en profite aussi pour rendre hommage à mon feu-fourgon, car mine de rien, plus qu’un outil, il m’accompagnait et me logeait dans beaucoup de mes aventures sauvages et je m’étais quelque peu attaché, je l’avais investi autant financièrement qu’affectivement … le sur lendemain de l’accident, une fois vraiment rentré chez moi après une nuit dans la cabine fraiche et l’aller-retour pour ramener toutes mes affaires, je lui avais fait une petite veillée funèbre sur mon autel, ça m’a un peu aidé à dépasser la perte.

RIP mon ducato jaune Laposte.

Cueillette Eté 2024, l’année de l’EAU ou ma Grande Bascule:

Les Cueillettes:

Septembre pointe son nez « mouillé » et je me rends compte que je n’ai pas fait un seul article de tout l’été, même à mon retour des cueillettes nomades début juillet. Pourtant je ne manquais ni de matière, ni d’enthousiasme pour relater la joie de traverser les forêts fraiches de cet été incroyablement humide, la « verdeure » générale laissant apparaitre des plantes plus généreuses et nombreuses que les années précédentes…une année exceptionnelle qui sera vraisemblablement suivie d’années plus sèches, plus chaudes et donc moins abondantes. Cerise sur le gâteau, le temps capricieux apportait encore moins de « touristes », me laissant encore plus le champs libre pour cueillir en toute tranquillité.

J »aurais pu relaté les rivières débordantes, les racines d’Angélique et de Grande Bardane nombreuses et surtout « extrayables » comme jamais grâce à l’humidité des sols, ça ne sortait pas tout seul mais les efforts à la pioche étaient récompensés… Ces deux plantes me sont tellement « nécessaires ». Raconter la rencontre vivifiante avec Simone, 92 ans vivant seule et heureuse dans l’ancienne ferme familiale devenue « impasse » fleurie au bout d’un chemin se faisant de plus en plus forestier par l’abandon des cultures, roublarde, elle affichait un massif d’hortensia fait de toutes les nuances de couleurs grâce à des multiples pots peu visibles.

J’ai vu Bugarach vert, observé des cerfs immenses croquant les feuilles de Frênes debout sur leurs patte arrières dans l’Aubrac, j’ai pris des douches « gelées » sous des résurgences ariègeoises, créant des petites cascades le long de la paroi:

L’année de l’eau évidemment, les eaux sacrées qui m’attirent magnétiquement ces dernières années, surtout à travers les rivières « inaccessibles » de montagnes ou les criques andalouses où seules les chèvres sauvages passent…ça ne pouvait pas être autre chose qu’une année de nettoyage et de purification, de larmes salvatrices et de grands changements.

La Bascule:

Tout était déjà là, mentalement prêt comme quand on accepte une chose « en théorie ».

Puis est venu le branchement sur le cœur et la théorie a pu devenir, pratique, déploiement fluide.

Une semaine autour d’un transmetteur « éclairé » et de l’un de ses pères spirituels, nous étions 12 le long d’une rivière sacrée et de ses arbres-gardiens. En toute simplicité et naturellement, sans forcer, une douce diffusion de cœur à cœur nous a tous relié profondément au Vivant.

Depuis tout à une saveur et une couleur différente, je suis enfin connecté « spirituellement » au canal que je recherchais, tout est plus clair et déparasité du non-nécessaire, des histoires du passé et les cicatrices se sont refermées à jamais.

Mes cueillettes, mes préparations et ma présence ont changé.

La suite:

Je fais une « mise à jour » ou plutôt une « une mise en lumière » de beaucoup de choses mais à son rythme… Je suis bien en place, aligné, mes principales « plantes-alliées » me sont connues et en croissance, je cultive les liens avec les esprits de la nature et le divin au quotidien. Je serai, cet Automne, présent à Courzieu et je tacherai de me rendre encore plus disponible à servir ceux qui me solliciteront avec des remèdes revivifiés.

j’ai initié le prix libre pour tout ce que je propose et je suis reste ouvert à toutes les suggestions qui permettent de faire avancer la cause de la vie, les soins par les plantes et la diffusion des savoirs végétaux et de leur articulation avec les soins plus « conventionnels ».

je me sens, aussi, plus à même de participer à des conférences et autres initiatives moins confidentielles qu’à mes anciennes habitudes.

Que l’année de l’eau continue.

La Valériane( Valeriana officinalis) , reine du lâcher-prise….

Cette année, c’est son année… ce qui tombe plutôt bien, en plus de sa grande beauté elle rend de fiers services dans tout un tas de situations. En effet l’éternel printemps pluvieux que nous vivons a permis à la Valériane d’apparaitre dans tous les endroits qu’elle affectionne, bord de rivières, de fossés et autres chemins où fraicheur reste le maitre mot. Vous n’avez pas pu la rater, dressée et fière de de ses fleurs enivrantes blanches ou au rose discret et subtil.

Je viens de prendre la route des cueillettes d’été, je me trouve dans les Hautes-Corbières et je la retrouve encore, je ne l’avais pas encore vu par ici, il y a deux semaines dans la Drôme elles s’appropriaient déjà les bords de route frais et ombragés.

Cette vivace, comme beaucoup d’autres, est capable de rester en dormance pas mal d’années pour réapparaitre quand les conditions s’y prêtent et là c’est un festival, il en sort beaucoup grâce à ses stolons( tiges souterraines, comme la fraise) que l’on différencie facilement des racines par leur blancheur et l’absence leur odeur caractéristique…ça peut créer une jolie constellation de racine:

En plus d’être nombreuses, elles peuvent atteindre les 2 mètres de hauteur avec de larges tiges creuses, je ne vois pas trop de butineurs la côtoyer mais je surprends souvent des papillons « sirotant » à une de ses fleurs . Je tenais à partager ce que je commence à percevoir de son profil parce qu’elle est assez polyvalente et on ne peut pas la réduire à un « Valium végétal » ou d’autres considérations d’une vison médicale moléculaire et réductionniste. Certes, je la donne beaucoup pour « détendre », sa force, sa qualité première et donc dans les situations de stress, d’insomnie….Elle détend, assurément, mais encore plus associée avec d’autres plantes « calmantes » comme l’Eschscholtzia ou la mélisse, nous parlons toujours de ses racines et plutôt sous forme d’alcoolature.

Son nom vient de Valer en latin, qui veut dire qui donne de la force. Elle était aussi utilisée pour renforcer le cœur autrefois et était ramassé comme fleur de la Saint-Jean aux cotés du millepertuis et de l’achillée, elle a gardé sa réputation de plante de protection, de magie blanche. Autrefois, elle était beaucoup utilisée contre l’épilepsie et certains antiépileptiques modernes sont issus de la synthèse des certains de ses éléments qui agissent sur des neurotransmetteurs qui ont tendance à ralentir l’influx nerveux( système GABA).

Elle a sa place dans beaucoup de situations où on ne penserait pas à elle en première intention comme dans les douleurs musculaires ou ostéotendineuses, là encore elle détend en profondeur. Dans beaucoup de troubles intestinaux qui ont explosé ces dernières années( crown, intestin irritable, etc.) elle permet un soulagement des douleurs et des spasmes également. Je la prépare en complexe avec certain bourgeons comme le figuier ou le tilleul qui permet une réponse plus synergique dans toutes les situations où l’anxiété est présente, c’est dire comme la Valériane peut s’inviter dans beaucoup de cas. Elle est douce, typée par son odeur et peut parfois avoir des effets contraires( paradoxaux) si elle est prise à trop haute dose ou chez des personnes extrêmement sensibles rendre un peu trop somnolent. Je conseille de monter progressivement le dosage dans le doute mais elle « agit » toujours, c’est une grande plante médicinale à large spectre et d’usage sûr.

Elle peut-être une compagne ponctuelle mais se montre plus efficace après une période d’acclimatation( deux semaines environ) comme le Millepertuis avec qui elle s’entend parfaitement, elle aussi restore le moral. Son association avec la mélisse est aussi très intéressante quand le versant « anxieux » est plus présent que le versant « triste » et d’autant plus si des spasmes digestifs sont associés ou lors de la ménopause.

Pour la cueillir, d’avril à juin au cours d’un printemps arrosé, histoire de voir et de reconnaitre ses jeunes feuilles et que toute son incroyable Energie n’est pas encore été consommée dans la création de sa grande structure et de ses divines fleurs…

PS: Nous sommes tous sensés être des adultes « responsables ». Je ne suis ni médecin, ni pharmacien, en cas de doute consultez-les.

Cueillir, mais de quoi parle-t-on exactement?

Quand on me demande ce que je fais dans la vie, je suis parfois « perturbé » par l’enchainement des idées et autres « arborescences » qui me traversent l’esprit; pourtant dans le monde entrepreneuriale on insiste sur la qualité et la clarté de son « Pitch » afin de conquérir le cœur ( et le porte-monnaie accessoirement) du client….mais les choses ne sont pas si simples quand on mène des activités hybrides et singulières et avant tout je me sens « cueilleur », cueilleur de plantes, de présence et d’ambiance comme de déchets rejetés dans la nature. Quelque part tout se cueille, mais la question est plutôt comment et pour quoi je cueille?

On a peut-être aussi perdu la saine habitude de définir les « termes » et les mots que se soit pour débattre ou juste se présenter, esquisser des rapports au monde. l’idée de cet article m’est venue d’une rencontre courte et fortuite avec un cueilleur professionnel en pleine agglomération, en bord de bitume qui « arrachaient » des jeunes pousses de Tilleul( il parlait de bourgeons…) pour les mettre dans un sot noir « agricole ». Il n’a pas voulu me dire pour quels laboratoires il pratiquait cette « cueillette » et je n’ai pas l’habitude de décrire mes pratiques en négatif ou en comparaison/critique à tendance aigrie mais je suis forcé de constater que ce genre d’expérience m’interroge profondément et me conforte dans mon approche sensible et douce du vivant et sur la qualité( au delà des témoignages directes de celles et ceux qui utilisent mes préparations) de ce que je conçois en cocréation avec le monde végétal.

Il faut admettre que les difficultés de rentabilité pousse à ramasser beaucoup, vite et sans trop de présence, un peu comme aux vendanges… il faut voir les cueilleurs de Lavande sauvage ou de romarin pour la fabrication d’huile essentielles à l’œuvre, entendre les professionnels du secteur employer à longueur de phrases les mots « produits », « producteurs » pour que le malaise, le décalage pointent leur nez.

Non définitivement je ne produis rien, je suis là au bon moment, au bon endroit dans un état d’esprit me permettant de tisser des liens simples avec des entités végétales, je leur prends certainement plus que je leur donne, d’où la nécessité « diplomatique » de faire le « mieux » possible, le plus juste je dirais.

Rendons hommage au bourgeon de Tilleul!

Cueillir n’est pas acte isolé mais un continuum « présentiel »:

Je parle souvent des trois temps:

  • accueillir: Quand j’arrive sur un beau lieu de cueillette je me comporte comme un « invité » respectueux, je contemple le site et j’y fais des « offrandes » de pain, de sel ou de fleurs pour les esprits de la nature et de l’arbre et de la plante en particulier. Pour les bourgeons j’affectionne de faire une partie de la cueillette auprès d’un arbre « vénérable » souvent plus vieux, plus imposant que la plupart de ses congénères.
  • cueillir: A proprement parler, en silence souvent, en chantant parfois des louanges à la plante aussi mais en prenant le plus de distance possible avec le monde mental et humain. je cueille doucement, sans précipitation « prédatrice » qui vient assez naturellement quand on doit cueillir une certaine quantité( de plus certains bourgeons ou plantes sont « minuscules » et demandent beaucoup de patience et de temps).
  • recueillir(se): Un joli et simple moment, une fois le devoir accompli, de se « poser » un peu, remercier et savourer ce temps de partage, rester aussi un temps sous l’arbre qui nous a tant donné et quand chante un ruisseau c’est encore plus agréable.
Tilleul « vénérable ».

Cueillir pour entretenir des liens, les échanges et revenir à la « source »:

Le fait d’être « devenu  » cueilleur dans la continuité de ma profession de soignant m’a plongé dans la réalité des « interrelations » entre nous humains, entre nous et les autres êtres vivants, de nouveaux maillages se sont formés, aussi complexes que chargés d’espoir et de bonnes nouvelles. Naturellement il y a quelques années quand j’ai commencé à passer des journées immergé entre prés et forêts j’ai senti rapidement des changements psycho-émotionnels profonds et durables comme par exemple la détente que cela me procurait surtout en forêt et le ralentissement du déroulé du temps, l’apprentissage de la contemplation pour « rien » et le début de ressentis « relationnels » avec les arbres, les rivières et les animaux sauvages que j’avais la chance de croiser. La corrélation avec les joies que j’éprouvais enfant déjà quand je déambulais dans les bois et surtout quand je grimpais aux arbres me parait assez évidente. Dans le développement « émotionnel  » on parle beaucoup de cette reconnexion à notre « enfant intérieur » si salutaire pour beaucoup dans la reprise du gout à la vie, divaguer dans le vivant et recommuniquer avec des êtres « non humains » est au cœur même de cet art de vivre. Ramener des éléments du monde vivant dans la continuité d’une longue et riche histoire de la phytothérapie m’a permis de concilier soin, nature et autonomie. Je peux maintenant transmettre ce savoir à portée de main pour élaborer des remèdes simples et les faire circuler à travers ma profession de thérapeute.

Cueillir est donc un nouveau pas vers le soin et vers de nouveaux types d’enseignements: En passant de plus en plus de temps au cœur du vivant dans une attitude d’accueil, je ressens de nouveaux types de « communication », surtout auprès de certains « grands arbres » que je fréquente depuis plusieurs années, auprès desquels je me pose régulièrement et où je dépose offrandes et mots doux. Je ressens un amour vraiment profond et réciproque avec eux et ils me donnent des « informations » pour mieux accompagner les personnes que je suis, ils m’invitent à venir à eux avec ces même personnes parfois. Il est compliqué de trouver les mots quand on approche le très « sensible » mais je suis persuadé que l’émergence de cette « nouvelle terre » que beaucoup de sages évoquent en ce moment passe par ces expériences « spirituelles » et qu’il me faut les partager, pas par les mots, mais par l’accompagnement.

Cueillir vient de Colligere en latin, qui au-delà de ramasser semblaient aussi signifier rassembler, réunir. Dans la droite ligne de ce dont nous avons besoin aujourd’hui dans un mode qui promeut plutôt la division, la confusion et l’individualisme et aime faire le focus sur nos différences plutôt que sur ce qui nous unie. La cueillette de plantes comestibles( champignons inclus) et médicinales a toujours été pratiquée par toutes les cultures depuis la nuit des temps, elle est tolérée de manière ambulante sans nécessité de posséder le terrain alors que tout ramassage hors chemin est considéré « juridiquement » comme du vol, ne nous en privons pas, les plantes sauvages ont des valeurs nutritives bien supérieures à celles cultivées et peuvent être délicieuses. Notre avenir se joue aussi là, dans notre capacité à les reconnaitre et à savoir les utiliser, viendra surement un temps où ces savoirs pratiques nous sauveront.

Pour les belles photos, à part les deux arbres, c’est toujours l’ami François Clouard, à la manoeilvre.

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